"Hugo, hélas !" disait André Gide. Etes-vous d'accord ?

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Dans son Anthologie, Georges Pompidou commente : "La facilité verbale des premiers recueils irrite et plus encore peut-être le prétentieux délire des derniers".

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Bonjour Christian. J'avoue ne pas bien comprendre cette phrase de Gide :
"Le plus grand poète français ? Victor Hugo, hélas" et encore moins le commentaire de G. Pompidou. Victor Hugo a toujours été une référence majeure. Gide disait d'ailleurs de lui qu'il a été "le plus puissant assembleur d'images, manieur de sonorités et de rythmes".
Est-ce lié au fait qu'il est prétendu que son inspiration, ainsi que son art poétique n'ont cessé de décliner depuis sa mort ? Il est pourtant toujours étudié dans nos classes non ?.
Je ne suis donc pas d'accord dans la mesure où je pense qu'il est victime du phénomène de mode de la poésie romantique, bien qu'il ait écrit de très belles choses.
A moins que je n'aie pas très bien compris le sens profond de ta question...
La faiblesse de Hugo, c'est que sur dix vers ou dix lignes, neuf sont à jeter, et la dixième est un éclair de génie. On ne peut plus écrire comme ça aujourd'hui, parce que l'éditeur vous fait reprendre la phrase mot à mot, enlever les redites, supprimer les mots inutiles, etc... Hugo est un mélange d'effusion bavarde et naïve, et de visions sublimes. La faiblesse de l'une sert d'écrin au relief de l'autre, car il nous faut prendre son oeuvre telle qu'elle est, sans rien en retrancher.
S'il est étudié en classe, c'est aussi pour son oeuvre politique d'auteur engagé, qui fait de lui un des fondateurs de la république française, un des pères de notre nation.
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Merci Sophie de t'être intéressée à ma question ! La vérité est que je ne partage pas du tout l'appréciation qu'a portée Gide sur Hugo. Je la trouve extrême et injuste à bien des égards. Cela étant, autant Hugo a représenté un moment important de notre littérature (au point qu'il en est un des principaux noms à l'étranger), autant sa facilité déconcertante à faire des vers l'a parfois desservi. Le témoignage de G. Pompidou t’a laissée perplexe, avant tout parce que je ne l'ai pas donné en entier. Je voulais ce faisant susciter la discussion (y réussirai-je ?). Mais voici l'opinion réelle de Pompidou : "La facilité verbale des premiers recueils irrite et plus encore peut-être le prétentieux délire des derniers. (…) Mais rien ne vaut la suite des recueils : les feuilles d’automne, les Chants du crépuscule, les Voix intérieures, les Rayons et les ombres, les Châtiments, les Contemplations, la Légende des siècles. C’est là que ce prodigieux génie, bouillonnant d’images et de visions, transfigurant l’histoire, celle du monde et la sienne propre, accumule par milliers d’admirables vers. » D’autres réactions d’amateurs ou pas de Hugo sont les bienvenues !
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Aaaaaaaaah ! Je comprends mieux ce commentaire de Pompidou alors. Quant à ce cher André, dans sa vie, il n'a pas beaucoup ri Gide ! Pfff...

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Je viens de vous lire (TOUS LES 2 !!!) - mais je regrette (une fois de +) que Sophie VIGNERON au-demeurant fort instruite !!! (sans flagornerie !!!) ne veuille toujours pas m'accepter (dans ses contacts !!!). Erik MATZ
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Il n' est pire critique d' un ecrivain qu' un autre ecrivain. Que sa facilite etonne, deconcerte, agace, cela peut se comprendre sous l'angle de la jalousie. Ce genie embrassait l' univers, rien n'etait trop grand pour lui. De nos jours l' ecrivain se manifeste dans un cercle de plus en plus restreint jusqu'a l' introspection... Comment pourrait-il trouver un terrain commun?
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V. Hugo est un monument, Gide est un personnage secondaire dans la littérature et Pompidou voulait des autoroutes partout dans Paris, modernité quand tu nous tiens, un monsieur Haussmann version 20ème siècle, et a eu son centre(non mais alors, je veux laisser une trace de moi, j'ai le sens du territoire...) tout comme Miterrand sa bibliothèque, hideuse et déshumanisante, et J. Chirac le quai Branly(Arts Premiers). La postérité ...
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Je ne pense pas que Gide ait voulu être méprisant envers Hugo ! Moi quand je dis "Louis-ferdinand Céline hélas" à cette même question ! C'est sous forme admirative ! Puisque jamais je n'écrirai aussi bien que Céline... hélas !
Commenter la réponse de Laurent
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Le Hugo de la seconde moitié du 19è s. n'est-il pas un peu le BHL d'aujourd'hui le génie en plus bien entendu)? C'est probablement cela qui, ce trait de caractère pédant, megalomaniaque, qui devait insupporter Gide.
Commenter la réponse de Emmanuel
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En fait, je pense que si Gide a dit ceci, ce n'est pas parce qu'il remettait en cause les talents de Victor Hugo, mais parce qu'au contraire, il reconnaissait que Victor Hugo a été un tel génie dans tous les domaines où il s'est illustré que même en poésie, il éclipse bien d'autres talents
Commenter la réponse de didier